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Très beau revolver Smith&Wesson modèle 10-6 – Direct descendant du Hand Ejector Military & Police de 1899 – Variante à canon lourd du modèle 10-5 – Arme de 1978 – Arme de police et de tir devenue légendaire et une des stars de la maison de Spingfield – Très beau bronzage à 97% – Mécanique au top – Canon neuf – Excellente arme de stand avec un passé glorieux – TBE+/TBE++

Très beau revolver Smith&Wesson modèle 10-6 – Le direct descendant du Hand Ejector Military & Police de 1899 – Arme de police et de tir devenue légendaire et une des stars de la maison de Spingfield – Fabrication 1978 – Excellente version du 10 en canon lourd – Bronzage d’origine à 98% – Jaspage  du chien et queue de détente à 100% aussi- Mécanique excellente avec des ressorts peu rodés- Très bon canon miroir à l’état neuf – Une des très bonne fabrication encore « pinned » d’avant 1982 – Excellente arme de stand avec un passé policier glorieux – TBE+/TBE++

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Description

Comprendre un 10-5 ou bien, plus exactement ici, un 10-6 (on va voir qu’il n’est en réalité que sa variante à canon lourd), c’est d’abord remonter à l’arme dont il n’est qu’une variante tardive : le .38 Hand Ejector Military & Police, apparu en 1899.

En fait, vous le connaissez tous sous l’une ou l’autre de ses versions. Une légende.

Tout commence par une commande de circonstance, née en pleine guerre hispano-américaine, quand le gouvernement fédéral passe commande de trois mille revolvers — deux mille pour la Navy et mille pour l’Army.

Le conflit s’achève trop vite pour que la commande puisse être totalement honorée. Mais l’élan vital d’une grande aventure qui durera jusque 1998, lui, est donné : Smith & Wesson livre à partir de mars 1899 un revolver à barillet basculant, canon de 6 pouces et demi pour l’usage militaire, et en 4 pouces pour la police.

Ce premier modèle chambre le .38 Long Colt, et la cartouche n’impressionne pas trop sur le terrain.

Pendant la guerre américano-philippine, face aux combattants Moros du sud de l’archipel (ils combattaient sous l’effet de psychotropes type champignons hallucinogènes), les militaires américains constatent qu’une balle de .38 Long Colt n’arrête net un assaillant décidé que si elle touche le cœur ou le cerveau. Et ça les stresse nos amis américains. Surtout quand l’assaillant sort de nulle part caché derrière un arbre dans votre dos au fond d’une jungle et machette à la main…

L’armée ressort donc en urgence ses vieux Colt SAA 1873 chambrés en .45LC et Smith & Wesson comprend qu’il va falloir aussi revoir la munition et pas seulement améliorer encore le revolver. C’est aussi sur la base de l’aventure US aux Philippines et pour les mêmes raisons que notre Saint Browning inventera son 45ACP.

La réponse vient dès 1902, signée de Daniel B. Wesson en personne : le .38 S&W Special, avec plus de poudre et une balle plus lourde que l’ancien 38SW. L’arme qui l’accompagne est le Military and Police Model of 1902. Ce revolver reçoit un nouveau verrou de barillet à l’avant et une tige à ressort logée sous le canon pour l’abriter — un détail mécanique que Colt ne reprendra jamais, même après l’expiration du brevet.

En 1905, le « Second Model » ou « Military and Police of 1905 » ajoute un bloc de percuteur passif et des organes de visée agrandis. La formule est désormais fixée. Elle restera la référence du revolver de service de police pendant plus d’un demi-siècle.

La Première Guerre mondiale interrompt la production pendant 249 jours, entre juin 1918 et février 1919 — un rappel que même une chaîne de production bien rodée a ses angles morts en temps de guerre… Au passage ce sont bien ces armes Military and Police de Smith qui seront copiées, et bien avant 1915, en Espagne pour fournir nos fameux « 92 espagnols » quand ceux-ci copient des Smith (les autres copient des Colt).

Entre 1942 et 1944, le même revolver se militarise sous le nom de Victory Model. Celui-là on le voit de temps à autres chez nous sortis de nos foyers car il a été parachuté à nos braves résistants. Finition parkérisée, anneau de dragonne, numéros de série à préfixe « V » sont des moyens infaillibles de le reconnaitre. 

Plus de cinq cent mille exemplaires partent vers les Alliés au titre du prêt-bail, en .38/200 pour les forces britanniques et du Commonwealth. D’autres équiperont aussi aviateurs et sous-mariniers de l’US Navy et de l’US Marine Corps (mais, eux, en 38 spécial), appréciés pour leur maniement à une seule main — un critère qui compte quand un pilote doit se défendre après un crash et doit faire autre chose de l’autre main comme ouvrir le cockpit ou couper une sangle alors que les japs accourent près de l’épave. Pappy Boyington, qui commandait l’escadrille Black Sheep VMF 314 dans le Pacifique en portera un tout au long de ses campagnes. Vous en avez un magnifique et rare exemplaire ici

Le Victory Model survit à la guerre : on le retrouvera en Corée, au Vietnam, et dans les rangs de sécurité de l’US Navy jusqu’au milieu des années 1990.

En 1957, Smith & Wesson abandonne les noms littéraires et imagés qui font rêver pour une aride nomenclature chiffrée. Le marketing commence ses ravages dans le domaine des armes. Notre Military & Police devient donc officiellement le Modèle 10, notre modèle de ce jour. Et chaque micro modification technique reçoit désormais un numéro de « dash » — 10-1, 10-2, ainsi de suite. 

Une façon presque administrative de documenter une mécanique qui, elle, continue d’évoluer par toutes petites touches.

C’est d’ailleurs dès le premier de ces jalons, le 10-1 de 1959, qu’apparaît une déclinaison à canon lourd, non effilé — une option qui vivra sa vie propre, en parallèle du canon standard, sous les numéros toujours pairs de la nomenclature.

Le 10-5 apparaît en 1962, et avec lui son double à canon lourd, le 10-6 — les deux étant fabriqués concurremment sur le même châssis et selon les mêmes évolutions internes, seul le profil du canon les distinguant.

La modification qui les définit est mineure sur le papier : la largeur du guidon passe de 1/10 à 1/8 de pouce sur la version à canon standard. Mais cette déclinaison reste au catalogue une quinzaine d’années, jusque 1977, avant de céder la place au 10-7 (et au 10-8 pour le canon lourd).

Sur le 10-6, le canon lourd élimine au passage la vis de garde-détente encore présente sur le 10-5 — un détail qui simplifie la fabrication.

Mais surtout le dit canon lourd stabilise l’arme au tir, détail important pour une arme dont la poignée reste assez fine en outre.

Ce canon lourd, réduisant le mouvement de relèvement, facilite les tirs de suivi ce qui est quand même un raffinement utile sur une arme de police.

Ce canon lourd devient la norme sur les services de police à partir des années 70. Sur le marché américain, la grande majorité des Modèle 10 encore en circulation issus de stocks policiers ont un canon lourd en 4 pouces. Le canon lourd du 10-6 donne d’ailleurs souvent l’illusion — à tort — qu’il s’agit d’un modèle pouvant chambrer la .357 Magnum, alors que le 10-6 reste strictement une arme en .38 Special.

Les variantes à canon lourd (10-1, 10-6 et 10-8 notamment) ont été très largement exportées dans les années 1960-1980, avec des lots identifiés en Australie, Canada, France, Jordanie, en Asie et dans plusieurs pays d’Amérique latine — ce qui explique qu’on retrouve régulièrement des surplus de ce modèle sur le marché européen, parfois porteurs de marquages spécifiques (contrats étrangers, forces de police locales) qui peuvent avoir un intérêt de collection et donc influer sur la cote. J’en ai vu un récemment dans les mains d’un tireur marqué en dos de carcasse RHKP pour la Royal Hong Kong Police. Sans doute loin de se douter de l’intérêt qu’une telle arme, souvenir d’un Empire défunt, peut susciter ailleurs…

Le châssis qui porte cette mécanique est le fameux K-frame, qui est né avec l’arme en 1899 : ce n’est pas un gabarit pensé à part, mais un format médian qui s’impose de fait comme le standard du revolver de service, compromis de solidité/dissimulabilité et venu de l’antique carcasse I.

Entre les années 1920 et la fin des années 1970, ce revolver devient la norme silencieuse du maintien de l’ordre américain, porté de Omaha à Honolulu mais aussi hors des États-Unis, au Canada, au Brésil, à Hong Kong ou Iran et à bien d’autres endroits de la planète policière. 133.000 seront aussi achetés, sur une période de 12 ans entre les années 60 et 70, par les forces armées des États-Unis. 

Le NYPD en a fait, sans le vouloir, un symbole de longévité : les vingt-neuf derniers officiers new-yorkais encore équipés d’un Modèle 10 n’ont rendu leur pétard que le 31 août 2018, plus d’un siècle après l’introduction des premiers Military and Police dans leur service!

C’est d’ailleurs à New York que le Modèle 10 trouvera son utilisateur policier « le plus actif » si j’ose dire : l’officier Jim Cirillo, de la Stakeout Squad, l’unité chargée de surveiller les commerces ouverts jours et nuits et régulièrement braqués avec beaucoup de drames à la clé.

Cirillo participera à plus de vingt échanges de tirs armé de son Modèle 10 réglementaire (!) dont il enroulait la crosse de ruban électrique pour l’ajuster à sa main. Plutôt que de recharger en plein échange de tirs, il en dégainait un second — une pratique que le métier a fini par surnommer le « New York reload ». Sa troisième arme (!) était un Cobra en deux pouces.

Je vous ai mis une photo de la couverture de son livre de mémoire avec un 10-6 en main pour illustrer le personnage.

L’unité n’a duré que trois ans de 1968 à 1973. Elle éliminera rien moins que 43 braqueurs. Il faut bien avouer qu’ils ne faisaient pas trop dans la dentelle. Deux membres de l’équipe avaient même été affectueusement surnommés « les Proctologues » par leurs copains parce que toutes leurs cibles avaient été touchées dans le dos en fuyant… Vous voyez « l’ambiance » et cela explique la dissolution somme toute assez rapide de l’unité.

Le bonhomme Cirillo, qui avait vécu nombre de situations très chaudes dans sa carrière et y était toujours retourné, devint instructeur au Federal Law Enforcement Training Center pendant quinze ans, puis auteur (« Guns, Bullets, and Gunfights », 1996) et théoricien du tir rapproché — On lui doit notamment le « Cirillo cant », une technique d’inclinaison de l’arme derrière un couvert pour minimiser son exposition, encore enseignée aujourd’hui.

Ironie de la vie, il mourra dans un simple accident de voiture…

Voilà donc ce que porte, sans le dire, notre 10-6 à canon lourd de ce jour: une cartouche devenue mythique pensée en réaction à un échec colonial, une mécanique éprouvée par deux guerres mondiales, un châssis devenu la référence d’un siècle de maintien de l’ordre, et l’empreinte évanescente de tous ceux qui l’ont, un jour, sorti de son étui pour de vrai.

 

 

Notre Smith 10-6 est un cinquantenaire en pleine forme. Avec son numéro de série en 3D138XX je le situe vers 1978. Son canon lourd pourrait témoigner d’une prise de poids bien légitime à cet âge. Mais c’est surtout une de ces fabrications Smith très bien finie et d’une robustesse légendaire que j’affectionne.

Cette arme est encore « pinned ». En 1978, Smith n’avait pas encore rogné sur les usinages (mais ça n’allait pas tarder 4 ans plus tard). Le canon est non seulement vissé en carcasse mais également doté d’une goupille de renfort de maintien du canon en sommet de carcasse qui est une des marques des meilleures fabrications. Mieux que bien finies, ces armes sont en plus increvables.

Ce dispositif contribue à renforcer la rigidité de l’arme et surtout à sa durabilité. Mais cela oblige à un usinage et à un assemblage particuliers du canon. Ce processus de goupillage a été abandonné sur toute la gamme Smith à partir de 1982 pour des raisons de coûts de production… La pente fatale était enclenchée.

Le beau canon lourd est bien est un 4 pouces. C’est LA longueur du revolver de police 10-5/10-6 américain par excellence. Celle qu’on retrouve sur les ceinturons dès les années 1920-1930, quand le Military & Police — pas encore rebaptisé Modèle 10 — s’impose comme l’arme de service dans la police des grandes villes américaines. Un 10-6 archétypique donc.

Ni le canon discret mais moins précis du 2 pouces pensé pour la dissimulation, ni le 6 pouces plus martial mais réservé aux administrations ou au tir de précision, le 4 pouces, c’est le compromis qui a fait carrière — avec assez de visée pour tirer juste et  assez court pour tenir dans un étui de ceinture toute une journée de service.

Notre 10-6 porte donc, dans ses proportions mêmes, la silhouette exacte du revolver que des générations de policiers américains ont sorti de son étui  quand la météo tournait. Le 10-6 est un poil plus lourd évidement que son frère poids plume 10-5 mais il faut bien faire des compromis. Il en sera un poil meilleur en série très rapide.

Le bronzage est présent sur la quasi-totalité de l’arme, disons à 98%. L’arme n’a pas été portée en étui et aucune usure particulière n’est à signaler même en bout de canon sur cet exemplaire. C’est bien son bronzage usine d’origine de ces années-là, encore intraitable, solide épais et surtout très beau.

Les fers sont sans la moindre trace d’oxydation ou « peau d’orange ». Nickel si je puis dire. Peu de marques de manipulations et quasiment pas de griffures. Cette arme a peu servie avec des traces de rotations en barillet encore très légères témoignant d’un usage limité. Un excellent spécimen. 

L’arme est juste très sale et mérite un nettoyage complet. Tous les points blancs reflets bizarres et autres tâches sur les photos sont l’effet de mes doigts pleins de graisse et de la poussière de ma turne.

Mes photos en TROP GROS plans grossissent évidemment tous les défauts comme d’habitude — C’est d’ailleurs pour cela que je fais ça. Pour que vous voyez tout ou du moins le maximum, sur 20 ou 30 photos ou plus parfois. Je suis le seul armurier à me tirer joyeusement des balles dans le pied !

Du coup, ces photos exagèrent tout aussi. Regardez plutôt les photos d’ensemble : c’est une très bonne arme, esthétiquement plus que très belle et c’est bien ça qui compte une fois le revolver en main. 

Le chien et la queue de détente sont jaspés comme il se doit sur ces fabrications de la grande époque. Et le jaspage est encore bien là à 95% — un détail qui compte double, tant cette finition thermique, aussi esthétique que fonctionnelle à l’origine, est la première à s’effacer sur les armes mal aimées ou trop vivement nettoyées.

Les plaquettes sont d’origine, en noyer américain massif tirant sur le rouge, et en très bon état. Au passage une excellente poignée pour des mains petites et moyennes. En cas de moins bonne gestion du recul à cause de la taille, les grosses paluches devront peut être investir dans du plus large. Ça tombe bien il y a des poignées de tous types pour carcasse K partout.

Côté mécanique, rien à redire. Pas d’entrefer d’usage excessif entre canon et barillet, pas de jeu à l’abattu, une percussion nette et franche. Il est à peine rodé et les ressorts sont très fermes. Un nettoyage graissage complet lui rendra sans aucun doute une souplesse nouvelle au moins en fermeture.

La détente est celle des Smith de cette génération bénie : souple et progressive en double action (même si encore dure car non rodée) mais d’une netteté de cristal et quasiment sans course en simple action. Une ode à la clarté mécanique. Vive les armes !

Ces détentes Smith des grandes années ne sortent pas de la lune. Toutes les pièces de platines étaient alors ajustées à la main dans tous leurs contacts. Ça prenait 10/15 minutes par arme seulement à ces ouvriers très qualifiés qui faisaient ça « à l’œil ». C’est même exactement pour cela qu’il faut préférer ces armes d’occasion en excellent état au neuf au-delà des finitions qui sont en plus très supérieures à ce qu’on fait aujourd’hui en standard…

Le canon lui est à l’état de neuf avec de très belle rayures miroirs. Reste à lui trouver la munition qui lui rendra justice. Les chambres du barillet sont crados mais impeccables aussi.

Bref, un cinquantenaire en version poids lourd qui a traversé le temps sans jamais perdre ce qui faisait sa raison d’être de petit Smith des meilleures années : fonctionnalité, souplesse, précision, robustesse et avec le pouvoir magique de rester beau longtemps. Et en 38Sp il est économique en plus.

Un excellent revolver comme tout tireur /collectionneur devrait en posséder au moins un ne serait ce que pour mesurer tout le regret qu’on peut avoir de ces temps béni de belles fabrications.

 

ARME DE CATÉGORIE B AU CSI : ARME SOUMISE À AUTORISATION – PHOTOCOPIES DE LA PIÈCE D’IDENTITÉ ET DE LA LICENCE EN COURS DE VALIDITÉ  OBLIGATOIRES – COMPTE SIA OUVERT BIEN ÉVIDEMENT – Expédition contre signature en deux colis séparés d’au moins 48 heures obligatoire.

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