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Vendu !
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Beau Pistolet Browning GP 35 ou P640(b) / P35(b) – 9 para – Toute dernière fabrication d’occupation de l’été 1944 – Hausse Fixe – Chargeur de même fabrication – Étui Frost und Jahnel à Breslau de 1941 et 2° chargeur moderne – Bon canon, beaux marquages et mécanique impeccable – Très bel exemplaire en TBE /TBE+
Le musée de Maître Flingus, ou "c'est déjà vendu !" avec descriptions et photos !Très beau Pistolet Browning GP 35 ou P640(b) /P35 (b)– Rare fabrication de la Manufacture de Herstal de l’extrême fin de l’occupation – Modèle hausse fixe sur queue d’aronde d’après décembre 1943– Lettrage suffixe « b » propre à l’été 1944 – Bon canon avec de bonnes rayures – Beaux marquages et poinçons – Très beau bronzage sans oxydation aucune – Mécanique impeccable – Rare étui de 1941 au Waffen Amt de Frost und Jahnel à Breslau – Second chargeur d’origine de la même fabrication tardive – Très bel exemplaire peu courant dans cette version !
Vendu !
Description
Le GP35 (GP pour Grande Puissance) ou HP35 (pour High Power) ou Inglis Hi Power ou P640(b) ou P35(b) ou L9A1 ou BAP ou « PA 9mm A1 – Grand Rendement » – quelle que soit la dénomination retenue selon les pays, les époques et les circonstances (toujours des plus changeantes à la guerre) est un monument de l’Histoire de l’armement.
Son histoire commence en 1913 avec un éphémère « Grand Browning », un cousin liégeois du Colt 1911 américain en 9,65mm (oui, oui, cela a faillit exister!).
Tel un olympien, dévoré par Chronos, il renaît en 1921 à l’orée du surréaliste programme de réarmement de l’Armée Française qui donnera vie au plus long processus de sélection de l’histoire au sein duquel il sera aussi testé (je vous en parle ici) .
On le présente alors comme le « Grand Rendement ». Révolutionnaire, puissant, tant en capacité qu’en calibre par rapport aux classiques 7.65 ou 8-92 de l’époque, les officiers français de la Commission de sélection avaient de l’or dans les mains. La France demandait un chargeur d’un minimum de 10 coups, la Fabrique Nationale de Herstal lui en offrira 15 !
Qu’en feront-ils ? Rien.
Ce GP35, point final de l’œuvre prométhéenne de 128 brevets du saint du dernier jour John Moses Browning (1855-1926) ne saurait être perçue dans sa globalité sans la participation dans l’ombre de son frère Matthew (1859-1923), de son dévoué fils Val (1895-1994) et de son collaborateur de toujours en Belgique, Dieudonné Saive (1889-1970).
Le cas du GP est l’exemple parfait de cette réalisation chorale. Quand on se penche sur le fonctionnement de l’arme, on constate que tout ce qui s’éloigne du style de Browning, sublime et prolonge son génie.
Cette dernière itération du GP de 1931, ramenée cette fois à 13 coups et profitant de certains éléments du Colt 1911 tombés dans le domaine publique en 1928, trouvera preneur dans les armées de sa Belgique natale, au Paraguay et en Estonie dès 1936. L’Argentine suivra en 1937 ainsi que la Finlande et la Chine en 1940.
Les tambours de Mars retentiront une nouvelle fois le 3 septembre 1939, veille d’anniversaire de la IIIeme République. 35 000 premiers GP35 furent saisis par les allemands qui les renommèrent suivant la dénomination germanique des armes de prise Pistole 640(b) puis P35(b). Le petit « b » c’est pour Belgique bien sûr.
Cette petite parenthèse est bien pratique car elle permet de le distinguer du P35(p). Le »p » est l’abréviation de « polnisch » et s’appliquait à l’excellent pistolet polonais Vis Radom 1935 lui aussi tombé dans les mains d’un occupant allemand qui s’y connaissait en bons flingues…
Pendant la Guerre, 300 000 exemplaires seront produits sous leur impitoyable contrôle en Belgique annexée, tandis que le Canada, sous les hospices d’un Dieudonné Saive évadé, n’en produira que 150 000.
Car, parmi les exploits de cette arme de légende, le GP35 se distinguera pour être le seul à avoir servi activement et réglementairement autant l’Axe que les Alliés, grâce à l’évasion rocambolesque du chef de service de la FN Herstal, Dieudonné Saive avec plusieurs de ses collaborateurs qui passèrent en Angleterre, sans les plans de l’arme qui eux étaient restés à Toulouse, et qui iront le produire jusqu’au Canada…Les GP35 n’avaient plus qu’à se tirer dessus les uns les autres.
Dans cette guerre fratricide, nos sympathiques GP furent fort appréciés à partir de 1943 tant par le SOE britannique (les services actions britanniques les conserveront jusque 1975 au moins) que par les seigneurs de la guerre chinois ainsi que par les fallschirmjägers (paras allemands) , la Waffen SS et la Luftwaffe.
Pour l’illustration, je vous ai mis une célèbre photo de notre GP 35 au main d’un soldat du Kampfgruppen Hansen, un des groupes de combats de la 1ère Panzer SS division devant un char américain M28 du 14th Cavalery Group lors de la bataille de Poteau (Ardennes), le 18 décembre 1944. La propagande américaine a fait disparaitre ce char de prise de la photo pendant la guerre. Elle n’a pas pu cacher les cigarettes de prise…
Par rapport aux séduisants Luger et aux très ascétique P38, le GP incarnait dans sa modernité toute la force des héros antiques. C’était une véritable arme de combat, optimisée pour assurer la supériorité en puissance de feu sur ses adversaires, un coup à vous sortir de bien des mauvais pas. Une bête de combat genre 1911 mais en plus moderne et en mieux alimenté.
Dominique Venner nous cite d’ailleurs le cas d’un soldat allemand qui un GP35 dans chaque main, délaissant en bandoulière sa MP40, pris le dessus sur toute une escouade de soldats soviétiques…. La capacité cela compte quand même.
Après les éloges, place à la description du héros pris en la personne de notre exemplaire: 920 grammes de bon acier de la Herstal (sans les pralines), complété par de superbes plaquettes en bois et aux quadrillages aiguisés. TBE les plaquettes.
La longue liste de ses qualités commence par sa crosse à l’angle de 13°, identique à celle du 1911A1, à peine plus épaisse que celle du 1911 pour une capacité bien supérieure, et convenant à l’écrasante majorité des mains de taille moyenne. Il n’y a guère que le CZ75 qui arrive à autant faire l’unanimité sur ses facultés de pointage naturel. Excellentissime au dégainé en condition 1, marteau armé et sûreté enclenchée.
D’un bel état nu, le métal est très sain (elle n’a pas été poncée/frottée). Il s’agit bien des dernières fabrications sous contrôle Wehrmacht car les traces d’usinages elles aussi sont bien visibles sous le bronzage… Aucune oxydation et aucune peau d’orange – Ce n’est pas su fréquent sur ces armes. TBE++ pour les fers.
La première chose qui attire l’œil sur cette arme est son bronzage noir avec des reflets « plum » sur certaines pièces (« Prune » comme disent les anglo-saxons). On va y revenir car cela comme l’usinage et d’autres détails nous racontent une partie de son intéressante histoire.
Le bronzage est là à 99% avec juste quelques marques en arrêtes. Il a été porté en étui mais pas très longtemps. Les vis aussi sont en très bon état.
État général de l’arme donc plus que très bon.
L’arme est intégralement mono-matricule Et ce matricule est en série à « l’allemande » c’est à dire avec une lettre suffixe. C’est assez rare sur les GP 35. Cela n’est apparu que début 44 avec un premier lot en lettre « a » et un second en lettre « b » . Ce qui confirme notre analyse d’une arme tardive voire très tardive (outre l’absence de la fameuse hausse Capitan supprimée à partir de décembre 1942).
La production du bloc « a » fut complète (jusqu’au 99 999 « a »). Celle du bloc « b » n’est pas allée jusqu’au bout. La plus élevée répertoriée est ici dans les 62.000. Les alliés ont débarqué à la FN avant que les allemands aient pu finir la production. Et la notre est du bloc tardif « b » et son numéro la situe probablement vers avril mai 1944.
Ces productions d’occupation de la dernière heures en blocs de série à l’allemande n’ont existé que sur la période début 44 – août 44. Les allemands ont foutu le camps de la FN le 5 septembre 1944 sans déménager toute l’usine comme prévu mais en pillant une partie significative de son outillage.
A propos de notre arme, il faut aussi savoir qu’il y avait un atelier de réparation de GP réglementaires allemands à la FN.
Cet atelier avait même pris une ampleur certaine à la mi mi-44 car la FN se caractérisaient par un nombre assez important d’armes sabotées. De nombreuses pièces cassaient subitement après quelques dizaines de cartouches…
Ces armes avaient pourtant été validées par le Waffenamnt avant de finalement revenir en réparation. Cet atelier traitait aussi les armes jugées non conformes au contrôle. Ce sont bien ces armes là qui ont été bronzées ou plutôt re-bronzée parfois partiellement pour certaines pièces dans cette fameuse couleur à reflets « plum » (prune) dont je parlais au dessus.
Tout cela est fort bien expliqué dans la bible sur le sujet, le Vanderlinden en deux volumes, sur les pistolets de la FN à partir de la page 745 du volume 2.
Ces armes portent aussi (parfois sous la plaquette de crosse coté gauche) un certains nombres de poinçons cabalistiques (des triangles, des S…) encore inexpliqués à ce jour (probablement en fonction du nombre et type d’opérations effectuées sur l’arme) qui furent apposés lors de la remise en conformité de l’arme. C’est aussi le cas de la notre avec un triangle sous crosse.
Cela n’empêche pas l’arme d’être au Waffen Amt140 (mal venu et peu lisible) en carcasse et d’avoir ses petit aigles à roulette réglementaires de réception dans l’armée là où il faut (en carcasse en culasse et en canon). Il s’agit donc bien d’une des dernières productions de la FN du printemps 44 et repassée en plus en conformité à l’extrême fin du contrôle allemands.
Les belges repartiront d’ailleurs de ces pièces allemandes dès la fin de l’occupation pour reconstruire les leurs avec retour du poinçon de Liège, disparition des petits aigles évidemment, et changement de marquages.
L’arme n’a plus sa sûreté de chargeur, indice confirmant aussi une fabrication non précoce car ce luxe de fabrication avait déjà disparu courant 1941.
La détente est celle d’un départ assez « militaire » avec une course assez longue, ce qui est courant sur ces armes militaires justement. Elle est néanmoins ferme mais nette après bossette ce qui permet une bonne précision en cible.
Le canon est certes « gris » mais pas du tout bouffé de rouille et avec de belles rayures bien nettes tout le long du canon. Elle sera précise.
Tous les ressorts sont très fermes et la mécanique est impeccable. Il a assez peu tiré. Très bon exemplaire au global. On les voit rarement en aussi bon état ces GP35 de l’occupation.
Notre héros nous est revenu des temps de fer dans un superbe étui en cuir brun, bien lisiblement poinçonné lui aussi de l’aigle à roulette WaA 182, celui de Frost und Jahnel à Breslau, sous de la lanière de fermeture.
Breslau, qui donna lieu à de féroces combats à la fin de la seconde guerre mondiale, n’existe plus. Aujourd’hui cela s’appelle Wrocław et c’est polonais. Cet étui pour GP 35, daté de 1941, est donc lui aussi un témoin de l’Histoire tourmentée de l’Europe.
Ces étuis Frost und Jahnel sont d’une assez grande rareté et recherchés par les collectionneurs, en particulier dans cet état. Il est sans griffure profonde, sans usure marquée et avec toutes ses coutures bien solides. Un tout petit coup de cirage adéquat le rendra parfait – foi de Maître Flingus.
Seul et sans chargeur il vaut déjà largement au moins 300 euros… Un autre marchand les auraient séparés.
Cette arme nous vient avec son chargeur d’époque de la même fabrication. Il s’agit bien de ceux fin de guerre comme phosphatés et sans marque de contrôle ou de fabricant aucune. c’est bien son chargeur d’origine. Cette fabrication est elle aussi typique de la toute fin de production (toujours le Vanderlinden en deux volumes page 750 et suivantes). Le second est un chargeur plus récent mais d’une couleur proche pour ne pas gâter l’ensemble.
Le fonctionnement de l’arme est parfait et avec les deux chargeurs. Tous les moindres défauts de l’arme y compris son usinage fin de guerre sont évidemment et comme d’habitudes TRÈS EXAGÉRÉS par mes TROP gros plans. Regardez les plans globaux de l’arme pour vous faire une idée.
D’une jeunesse mécanique étonnante et esthétiquement très beau, ce petit GP 35 est l’arme idéale pour le collectionneur-tireur, qui veut aller au stand avec une arme de prestige comme le HP/GP35 et qui raconte quelque chose. Il pourra le nourrir sans crainte avec les munitions standards manufacturées actuelles. Reste à trouver celles qui lui conviennent le mieux mais ça c’est votre boulot. Je vais pas tout faire.
Arme agréable au tir, il vous racontera en plus ses aventures au coin du feu, car il possède encore bien des mystères. Qu’a-t’il vu de la fin de cette terrible guerre?
Au final une très belle pièce classique, un peu mythique dans cette configuration allemande, et en excellent état. Et surtout une vraie et peu courante fabrication en lettrage de la fin de l’occupation par un Reich qui devait durer 1000 ans. Quelle prétention ! A la FN ce fut 4 ans.
Mais il nous en reste le beau fruit d’un duo professionnel exceptionnel, de deux grands messieurs de l’Histoire de l’armement, Browning et Saive. L’arme est encore réglementaire dans un certain nombre de pays.
Fiable, fonctionnelle et de grande capacité, elle sera très probablement la seule, avec le 1911, à dépasser prochainement le siècle de service réglementaire… Tout est dit.
ARME DE CATÉGORIE B AU CSI : ARME SOUMISE À AUTORISATION, PHOTOCOPIES DE LA PIÈCE D’IDENTITÉ EN COURS DE VALIDITÉ ET DE LA LICENCE OBLIGATOIRES – COMPTE SIA OBLIGATOIREMENT OUVERT. Expédition contre signature en deux colis séparés d’au moins 48 heures obligatoire.
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