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Belle carabine Gendarmerie à Cheval Gras 1874 – 11mm Gras – monomatricule y c. baguette rare baïo à douille 1874 -TBE

Armes longues de Catégorie D

Peu courante carabine de Gendarmerie à Cheval modèle Gras 1866 – 1874 M80 – en calibre 11mm Gras – intégralement mono matricule y compris la baguette – rare baïonnette de gendarmerie à douille du modèle 1874 – outils de rechargement disponibles – Très bel état.

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Description

Quel point commun entre la Guerre de 1000 jours opposant Colombie et Panama, Arthur Rimbaud et la Principauté de Monaco?

Je sais. On est pas à Questions pour un Champion. Et je ne vous la referai plus.

Mais je vous donne quand même la réponse : le fusil Gras modèle 1874 et ses (très) nombreux dérivés.

Le Gras en question n’est pas celui du jambon mais celui de Basile Gras. Général de son état et polytechnicien, qui a eu la brillante idée d’extrapoler le premier fusil à percussion centrale et à cartouche métallique de l’armée française à partir du fusil Chassepot, qui, lui, tirait des cartouches en papier avec l’aide d’un obturateur en caoutchouc…

On était dans l’urgence car, vers 1873, on l’a oublié, le conflit avec la Prusse, très mal digéré par les français, menaçait de repartir. Alors on fit ce qu’on fait en France dans ces cas là : on lança une Commission.  La commission examina plusieurs projets de fusils. Et c’est celui du beau Basile qui l’emporta. Sa proposition de transformer l’important stock de fusils Chassepot disponibles après que la France ait relancé son industrie d’armement dés fin 1871 séduisit au plus au point. Et le système Gras 1874, qui permettait de tirer une cartouche métallique dans l’excellent Chassepot, était fort ingénieux car on pouvait récupérer 90% des pièces du Chassepot en en remaniant certaines.

Après avoir aussi pris une part importante dans la mise au point du fusil Lebel (successeur de son fusil Gras), et restructuré complétement la production industrielle d’armes légères françaises, Basile Gras supervisa les trois manufactures d’État de Tulle, Châtellerault et Saint-Étienne. Énorme responsabilité dans un pays en course aux armements. Il méritait pleinement son titre d’Inspecteur Général des Manufactures. Il finit sa carrière Général de Division et Secrétaire Général du Ministère de la Guerre. Il mourut en 1901 sans avoir vu la Revanche à laquelle il avait tant travaillé après une longe carrière commencée comme lieutenant dans l’artillerie de la Garde Impériale de Napoléon III.

Il ne se doutait néanmoins pas de la fantastique carrière de son fusil à poudre noire qui servirait nombre de pays, de Monaco à l’Empire d’Éthiopie, et surtout la France de 1874 à…1940 ! De la Conquête de l’Empire colonial à “l’Étrange défaite” telle que l’a si justement analysée Marc Bloch.

On allait le retrouver partout notre Gras, en 14, en 40, chez les sapeurs-pompiers quand ils étaient encore armés, dans la Garde Républicaines, dans la Pénitentiaire, dans les conflits coloniaux (y compris ceux des autres! notamment les italiens en Abyssinie), dans les trafics d’armes de la Mer Rouge, dans la Traite, et même dans l’aviation…

Pourtant, la gestation fut difficile.

On commença par transformer illico 893.000 fusils Chassepot au standard Gras. C’est le premier modèle dit “1866-74”. Puis on fabriqua à peu près 1.250.000 fusils et carabines directement au standard Gras sans transformation à partir de Chassepot. C’est le “modèle 1874”.

L’histoire n’est pas finie. Des incidents de rupture d’étuis au moment du tir brulèrent le visage de quelques dizaines de Piou-Piou.  On chercha longtemps la cause sans la comprendre. Après avoir essayé deux autres solutions sans succès, on finit par adopter une troisième solution consistant à forer un évidement circulaire en tête de culasse pour permettre à ses foutus gaz brûlants de s’éjecter sur le coté au lieu d’aller directement sur le visage du tireur en cas de rupture d’étui. On était en 1880 (six ans après l’adoption!). C’est la modification M80. La quasi intégralité des fusils et carabine Gras ont été modifiés au standard M80 et les armes qui y ont échappées sont fort rares. Et recherchées.

Néanmoins, le collectionneur peut donc trouver, pour sa plus grande joie, tant des fusils que des carabines (soit cinq modèles de base) dans les standards “1866-74”, “1874”, “1866-74 M80”, “1874- M80”. Ça fait du boulot. Surtout si on les cherche en bon état.

Pour la plus grande joie des collectionneurs toujours, on décida en plus, en 1914, de transformer 100.000 fusils “1874 M80 ” pour tirer la cartouche à poudre sans fumée 1886 du Lebel afin faire face à la pénurie catastrophique de fusils de la fin de l’année 1914. C’est le rare Fusil Gras “1874 M80 M14” (rare car cette production fut stoppée très vite).

Le fusil Gras fut aussi bien évidemment, époque oblige, décliné en carabine scolaire pour édifier la jeunesse et en fusil d’escrime pour s’entrainer à manier la baïonnette et devenir maître dans l’art compliqué de l’embrochage du Prussien.

Le Gras est un excellent fusil qui acquis très vite une réputation justifiée de robustesse et d’efficacité. C’est une arme fiable qui a servi sous tous les climats de l’Empire. Un Chassepot très amélioré. Son coût de production était de 36 francs or. Un gros mois de salaire d’un ouvrier de l’industrie vers 1901 pour un unique fusil. Pas donné quand même.

Et il eu une descendance, en tout, d’environ 2.200.000 fusils et carabines tout de même…

Que reste t il de tout cela ?

En fait, dans leur état réglementaire d’origine, pas grand chose. Et trouver les armes du système Gras en très bon état et intégralement au numéro reste un défi pour nombre de collectionneurs. Disons pour les collectionneurs exigeants (au niveau de maître Flingus la Médecine parle d’ailleurs de “monomaniaque du monomatricule en parfait état”. C’est grave et ça ne se soigne pas).

Une fois retiré du service après l’adoption du Lebel, une partie des Gras fut vendue. Achetés en masse par la manufacture de St Étienne, ils furent raccourcis et transformés en fusils de chasse de tous calibres (12, 16, 24, 28…)  pour permettre aux plus humbles paysans de France d’aller tirer le lapin à bas prix. On en trouve pléthore. Mais pour la collection d’armes réglementaires, c’est zéro.

Une autre partie fut détournée par des trafiquants d’armes sans scrupule afin d’alimenter d’obscures guerres en Afrique (c’est sûr qu’aujourd’hui, on ne ferait plus ça!). Certains de ces margoulins devinrent même des stars de la littérature puisque c’est le cas notamment de Henri de Monfreid et d’Arthur Rimbaud, grands trafiquants de Gras devant l’Éternel.  En France c’est une tradition, si vous êtes plumitif tout vous sera pardonné et vous serrez même transformé en égérie de la liberté. Ces fusils Gras, toujours transformés et décorés à l’africaine localement, et qu’entre collectionneurs on appelle “fusils de Traite” (comme quoi les collectionneurs d’armes sont souvent plus lucides que les stars de la littérature) sont en général en très mauvais état et sont perdus pour la collection sauf à titre anecdotique.

D’autres lots ont connu des sorts encore moins glorieux. Des milliers de Gras ont été transformés en fusil de tir réduit 22Lr, en fusils-harpons, en fusils lance-amarre pour la Marine, en bombarde de tranchée à quatre fusils Gras dite “Bombarde DR” en 1916, etc….

Les réglementaires restant en état d’origine n’ont pas connu un sort plus heureux. Beaucoup furent envoyés en Russie pour palier sa crise aiguë d’armement de 1915-1917 et ne sont jamais revenus. Les autres ont été remobilisés en 14 et pas mal ont aussi disparus. Totalement anachroniques et dépassés, ils furent néanmoins remobilisés à nouveau en 1940, notamment pour la garde des bases aériennes.

Après 1940, les stocks d’armes Gras seront saisis en masse par l’occupant et détruits. Fin des Gras réglementaires.

In fine, après tout ça, les exemplaires de fusils et de carabines du système Gras en très bon état et mono-matricules en calibre réglementaire d’origine sont finalement assez “difficiles à loger” comme on disait autrefois dans les bons films policiers.

Et pourtant en voici un.

Il y avait longtemps que maître Flingus n’avait pas vu un “assez bon Gras” comme on dit chez les collectionneurs (pas un bon gras monoinsaturé ou polyinsaturés pour diététicienne, un bon flingot Gras 1874), pas trop rouillé et pas trop refait de partout avec des pièces venant de cinq fusils différents.

En plus, c’est “une” Gras. Une jolie carabine de gendarmerie à cheval (car il existe dans le système Gras, outre le fusil, une carabine de cavalerie – trois garnitures laiton sans baïonnette, de gendarmerie à cheval – la même, et la notre, avec une baïonnette particulière à douille, une de gendarmerie à pied (à deux garnitures laiton seulement) et un mousqueton d’artillerie (similaire à la Gendarmerie à pied mais raccourcie à 95,5cm)).

Ces carabines de Gendarmerie à Cheval qui ne sont donc qu’une variante des carabines de cavalerie.

En plus, devinez ce qu’on en a fait des carabines de gendarmerie quand on a pu donner un successeur à nos gendarmes ? Et bien, on les a envoyé servir de fusil aux “tirailleurs annamites” comme on disait alors – comprendre les tirailleurs indochinois, l’arme courte, avec ses 1m175, convenant parfaitement à leur petite taille… Inutile de vous dire que très peu sont revenues de leurs aventures extrême-orientales !

Notre exemplaire est donc une survivante en assez à très bel état.

C’est une des carabines construites à partir d’un Chassepot 1866 (lui né en 1871 à Saint Étienne d’où le marquage “S1871”), mise au standard 1874 (toujours à Saint-Étienne en 1876 d’où le marquage “S1876”) et modifiée en 1880 comme expliqué ci-dessus (d’où le marquage “M80”).

C’est donc une belle carabine de gendarmerie à cheval, bien complète de sa baïonnette spécifique,  du “modèle 1866-74 M80” pour être puriste.

L’arme a été re bronzée très proprement et anciennement. C’est peut-être ce qui l’a sauvé de la rouille d’ailleurs. C’est vraiment son seul défaut pour un maniaque comme moi. Parce que pour le reste, elle est vraiment en excellent état. mais même rebronzée c’est pas facile à trouver dans cet état TBE.

Quasiment aucune piqure et aucune profonde – Les marquages restent bien visibles – ses nombreux poinçons aussi – la hausse est d’origine – ses bois sont beaux à très beaux sans marques de manipulation excessives et juste une petite enture d’arsenal sur le fut au niveau de la capucine (le macaron est présent avec sa bille de buis mais plus lisible – faut pas rêver!) – C’est le beau bois de noyer du Chassepot. Aucun coup sérieux – aucun manque.

Les garnitures de laiton sont toutes présentes, poinçonnées, homogènes et en parfait état. Les vis sont d’époque et en TBE aussi.

Mécaniquement elle est parfaite également – la culasse est fluide – elle percute bien et son canon est un rêve – miroir avec de belles rayures bien présentes. On voit rarement les canons de Gras dans cet état.

Bien sûr elle est dans son calibre d’origine 11×59 mm Gras. Les outils sont ici.

Cerise sur le gâteau, elle est intégralement monomatricule (les deux pièces de culasse, canon, et crosse) et y compris la baguette (souvent perdue et remplacée) – c’est devenu très rare.

C’est vraiment une belle arme, digne d’une collection sérieuse.

Deuxième cerise sur le gâteau : elle nous vient avec sa rare baïonnette de gendarmerie à douille du modèle 1874 dont tous les poinçons sont encore lisibles. Les armes du système Gras ont été dotées de trois baïonnettes possibles. Celle du Chassepot à lame yatagan (assez commune), la baïonnette Gras 1874 ‘toutes armes” à lame en T et à poignée bois et laiton (fréquente) et une baïonnette à douille dite “modèle 1874 de gendarmerie” (rare).

C’est la dernière baïonnette à douille en service de toute l’histoire de l’armée française qui avait été la première au monde à les utiliser dès le règne de Louis XIV, ensuite imitée par le monde entier. C’est la baïonnette vraiment propre à ce modèle de carabine de gendarmerie à cheval. Elle fût vite abandonnée au profit de la baïonnette Mle 1874 “toutes armes” précédemment décrite. Elle est assez rare aussi (et se négocie couramment dans les 200 euros toute seule en TBE!)

Au final, malgré son beau rebronzage, Maître Flingus vous propose une arme peu courante – 100% d’origine – très homogène – monomatricule intégralement – avec sa rare baïonnette du modèle et en excellent état.

Une très belle occasion pour compléter une belle collection d’armes réglementaires françaises.

PS: les outils pour recharger le 11×59 Gras sont ici.

Arme de catégorie D au CSI:  CNI ou passeport en cours de validité obligatoire

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