Vendu !

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Rare Carabine suisse 05/11 – Sur base de carabine de cavalerie 1905 système 1889 Schmidt Rubin modifiée 1911 – Munition GP11 en 7,5 x 55 Suisse – Bons bois mais avec entures – Mécanique impeccable et canon très beau – Excellente petite carabine en cat. D – BE/BE+

Armes longues de Catégorie D

Rare Carabine suisse 05/11 – Sur base de carabine de cavalerie 1905 système 1889 Schmidt Rubin (il en existe sur base du fusil court de forteresse 1900) – Munition GP11 en 7,5 x 55 Suisse – Chargeur six coups – Bois solides mais réparés avec entures d’arsenal – Mécanique impeccable et canon très beau – Mécanique mono matricule jusqu’au chargeur inclus – Excellente petite carabine suisse en catégorie D – Admise au TAR – BE

Vendu !

SKU: 1003-24
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Description

Notre carabine 05/11 de ce jour est une arme suisse. Comme pour les montres et le chocolat, c’est un critère de qualité. On va y revenir.

Mais son histoire est assez troublée. Compliquée dirais-je. Comme souvent les armes suisses d’ailleurs. Jusqu’à finir en catégorie D au lieu de C alors que techniquement c’est quasiment la même en tout que la fameuse Carabine K11 modèle 1911 ( que vous pouvez voir ici) et qui, elle, est clairement en C).

Comment se « fesse » ?

L’histoire est un peu longue et remonte à 1889.

Avec un excellent fusil, le fusil Rubin-Schmidt mod. 1889 – déjà lui-aussi en calibre 7,5×55 – premier fusil réglementaire suisse à culasse linéaire – dont je vous ai fait l’histoire ici.

Une belle arme, splendide techniquement, et qui aura une longue et nombreuse descendance jusqu’au fameux (et très recherché sur nos stands) K31. Le K31, réglementaire depuis 1935, sera produit jusque 1958 pour les militaires et 1972 comme arme privé.

C’est vous dire la belle lignée successorale de notre arme de 1889, lignée qui courre donc sur 83 années avec ses nombreuses variantes et modifications.

Ce fusil de 1889 tirait une excellente munition, inventé par le Major Rubin, une 7,5×55 suisse déjà, dite « GP90 » car adoptée en 1890.

Elle est dotée d’une balle cylindro-ogivale de 13.8 g, en plomb et calepinée.Excellente trajectoire rasante, le premier petit calibre militaire d’arme d’épaule de l’Histoire, une révolution qui a mené in fine à vos 5.56 Otan et à toutes les cartouches modernes. 600m/s de sortie à la bouche. Remarquable pour l’époque.

Après une variante, liée à une modification d’amorce en 1903, dite « GP90/03 », cette 7,55 x 55 suisse équipera d’abord notre fusil IG 1889 (Infanteriegewehr 1889 – 212.000 exemplaires) mais aussi la carabine de cavalerie 1893 (7.750 exemplaires – mais elle est en système autrichien Mannlicher et non en système suisse Schmidt-Rubin), le fusil IG 1889/96 (137.050 exemplaires) qui n’est autre qu’un fusil 1889 à tenons de culasse modifiés en 1896 et une désormais très rare Carabine de Cadet 1897 (7.500 exemplaires seulement).

Plus anecdotiquement, en nombre, mais c’est important pour la suite, le système Schmidt Rubin 1889 avait néanmoins fait d’autres petits que les armes mentionnées ci-dessus. On était au tout début du XX° siècle. En 1900 et 1905 très précisément.

Les troupes de forteresses – éléments essentiels de la défense suisse – avaient obtenu en 1900, par braillements successifs, un fusil 1889 court plus adapté aux espaces exigües et baptisé KG89/00. « KG » c’est pour Kurzgewehr (« fusil court » ). Il en fut produit 18.750 exemplaires numérotés de 1 à 18.750. Ce n’est rien d’autre qu’une version raccourcie du fusil 1889. Sa taille est de 110 cm contre 130cm pour le fusil 1889 standard.

La cavalerie, en l’espèce les dragons, toujours en veine de spécificité, avaient eux aussi réclamé une autre arme courte. L’objet officiel était de passer au système à culasse linéaire Schmidt Rubin 1889 puisque leur pourtant récente carabine 1893 était elle encore en système Mannlicher. Souci d’unification patriotique plaidera t-on donc.

Cette carabine du système 1889 spécialement raccourcie et équipée des anneaux de grenadière idoines utiles aux balades équestres sera la « KK 05 », pour Kavalleriekarabiner (carabine de cavalerie) 1905. Elle sera produite à 7.900 exemplaires, numérotés de 1 à 7900.

Mais la taille s’allongeait cette fois passant de 102 cm pour la K 1893 a 107 cm pour la KK 05… In fine c’est aussi une arme du système 1889 sans autre modification que de taille.

A l’orée du siècle on a donc 4 tailles d’armes si l’on compte la carabine de cadet et tous ça est en système 1889. On aurait pu vivre comme ça assez longtemps. Et après avoir adopté deux armes spécifiques fort récemment.

Mais tout change en 1911.

En 1911, la munition GP 90 de 1890 est désormais dépassée balistiquement par la concurrence européenne notamment par la 7.62x54R russe de 1891 modifiée en 1908 et la 8×57 IS allemande de 1888 revue en 1898. Les français ont aussi modifié leur cartouche 1886 de 8×51 Lebel en 1898 avec la fameuse balle « D ». Bref.  La concurrence ont fait d’énormes progrès.

L’armée suisse se met donc à l’élaboration d’une nouvelle cartouche à projectile bi-ogival (« boat-tail » – remarquable invention française qui défini quasiment toutes les munitions militaires jusqu’à ce jour) qui puisse tenir la route.

Cette nouvelle petite suissesse a des performances balistiques nettement améliorées y compris en puissance. Cette cartouche prendra le nom de GP 11 pour 1911. Mais c’est toujours une 7.5X55 et même si sa taille diffère à cause de l’ogive pointue. 

Elle deviendra une des meilleures cartouches du monde ce qui explique sa longévité militaire loin dans la seconde moitié du 20° siècle.

Mais pour des raisons de pression et d’alimentation du fait de la forme de l’ogive, on ne peut plus tirer cette nouvelle cartouche GP11 dans les armes précédentes qui utilisaient la GP90.

De nouvelles armes sont donc adoptées, un fusil le G 11 ou Gewehr 1911 et une carabine, la K11 ou Karabine 1911.

Mais nous sommes encore dans une époque où les gouvernements avaient un réel souci des deniers publics. Nos déficits et même la simple idée d’une inflation les auraient horrifiés autant que leur population.

On va donc aussi modifier les armes antérieures, et au premier chef, les carabines de forteresse KG89/1900 et carabines de cavalerie KK 1905 du système 1889 qui viennent d’être adoptés, pour les mettre aux normes de la nouvelle K11. 

Seules peut être 300 ou 400 armes en tout des deux types (forteresse 1900 et Kavalerie 1905) échapperont à cette transformation au standard 1911. Elles sont désormais rarissimes et fort recherchées.

Règlementairement, les fusils courts de forteresse KG89/1900 transformés au standard 1911 deviendront les « K00/11 ». Les carabines de cavalerie 1905 du système 1889. transformées au standard 1911 deviendront les « K 05/11 ».

Les collectionneurs en revanche désignent souvent indifféremment toutes les armes issues des fusils courts de forteresse et des carabines de cavalerie 1905 comme des « K00/11 » et même des « K11 ».  Et pour cause.

Des ordres seront en effet donnés pour toutes ces armes, forteresse et cavalerie, issues du système 1889, et de la munition GP90 soient, après transformation, les plus proches possible en apparence extérieure de la K11 adoptée en 1911… Les transformations commenceront à compter de 1913.

Mais c’est la raison pour laquelle il est aujourd’hui bien difficile de distinguer au premier coup d’œil une K11 d’après 1911 d’une K00/11 ou K05/11 issue de l’adaptation d’une arme précédente du système 1911.

Et il est encore plus difficile a priori de dire si la K00/11 que vous avez en main est bien une K00/11 issue d’un KG89/1900 de forteresse ou bien une K05/11 issue d’une 1905 de cavalerie…

Et pourtant en réglementation, les unes, KG89/1900 et KK 1905, sont bien des armes du 19° siècle tirées du système 1889, tirant la même munition de 7.5 x55 suisses (celle d’avant ou d’après 1911) et sont en catégorie D. Armes d’épaules, elles n’ont subies par rapport à leur système d’origine que modifications mineures (bois, tenons de culasse et puits de chargeurs) et ces modifications sont survenues avant le 1er janvier 1946.

En revanche les armes directement nées au nouveau standard 1911 et adoptées par l’armée suisse en 1911 (après 1900 donc) sans aucune transformation d’arme antérieures, K11 et G11, sont bien en catégorie C.

Toutes ont pourtant la même apparence et la même taille. Alors comment les différencier?

En fait, pour les distinguer, il faut retirer le chargeur et en examiner le puits. Le passage du systèmes 1889 à la nouvelle cartouche 1911 a imposé une modification d’alimentation qui a laissé des découpes dans logement de chargeur. Ces découpes vaguement ovoïdes dans le puits existent côté culasse et coté canon, en avant et en arrière du puits de chargeur donc. Et elles sont identiques que l’arme type 00/11 proviennent des Kavalleriekarabin 05 ou des Kurzgewehr de forteresse 89/00.

J’ai rajouté des photos pour être plus clair. Allez donc vérifier les puits de chargeurs de vos armes. Beaucoup de gens sont passé à coté de ses subtilités.

L’identification définitive se fait par les numéros de série.

Les Kurzgewehr transformés 00/11 ont conservé leur numéro d’origine de 0 à 18750.

Les ex-Kavalleriekarabiner mise au standard 05/11, elles, se sont vues ajouter un « 2 » devant leur numéro de série d’origine. De fait, leur numérotation s’étend donc de 20001 à 27900.

Les K 11 « neuves », non issues d’armes plus anciennes légèrement modifiées, ont été fabriqués à partir de 1914 et sont toutes numérotées de 30 001 à 215 100 (la dernière est sortie en 1933 quand le K31 apparait).

Une arme numérotée sous 18 750 est donc à classer comme 00/11; une arme entre 20 001 et 27 900 est à classer comme 05/11 ; une arme au-dessus de 30 000 est fatalement un K11, produit « neuf », post 1911.

Notre arme présente ces découpes de boitier et est en numéro de série 24xxx. Il s’agit donc bien d’une ex-carabine de cavalerie du système 1889, adoptée en 1905 et mise au standard 00/11 à partir de 1913. 

Avec 7.900 exemplaires seulement de KK05, dont peut être 300 ont échappés à la transformation, cela fait une masse potentielle d’armes survivantes type « 05/11 » de l’ordre de 7.600 au plus optimiste (et nombre ont du disparaitre depuis 1911!). Elle est donc in fine assez rare.

Peu fréquente, capable de tirer l’excellente 7.5 x55 suisse GP11, de très belles finitions, fonctionnant avec le remarquable et original système Schmidt de culasse linéaire, réputée pour sa précision, ces caractéristiques me semblent constituer une opportunité bien plus intéressante que le fait qu’elle soit en catégorie D. Il vous faudra d’ailleurs une licence de tir pour acheter les munitions avant de l’emmener promener au stand.

 

Notre o5/11 de ce jour est en bon état sans plus. Ni oxydée ni branlante mais réparée en bois. Toute la mécanique est mono-matricule jusqu’au chargeur inclus. Les bois sont les bons et d’un numéro différent. Ce sont bien des bois de K05/11 en 26xxx.

Elle porte bien son bouton de bois en levier d’armement en bon état (ils sont en bakélite sur les modèles postérieurs). Ses bois, justement, sont en plutôt en assez bon état pour ces armes qui ont connu un service actif très long, D’abord dans la cavalerie, puis très souvent en montagne.

Ces armes, étant toutes issues de transformation d’armes antérieures, portent en outre toutes des stigmates, en fût notamment et poignée notamment, de leur transformation en arsenal. Notre pièce en porte assez peu. Mais sa crosse a été réparée en arsenal après fracture. C’est plus que bien fait comme réparation et je la garanti apte au tir sans restriction.

Son bois de noyer est normalement manipulé pour une arme qui a vraiment vécu le service de cavalerie puis le service en campagne. Petite enture d’arsenal aussi en bec de crosse.

Si vous voyez de « gros » défauts c’est encore l’effet de mes TROP GROS plans. Mais comme cela vous voyez tout. Regardez les photos d’ensemble de l’arme pour vous faire une idée.

Les fers ne sont pas en reste. L’arme porte encore 85% de son bronzage d’origine. Les éclaircissements sont essentiellement en pontet et chargeur.

Comme toutes ses sœurs, elle a été transformée à l’Arsenal de Bern (qui les avaient fabriquées initialement d’ailleurs) à partir de 1913. Elles en porte donc les marquages qui sont partout bien nets et bien lisibles. Aucune oxydation disgracieuse ou peu d’orange. Fers en TBE/TBE+

La mécanique est impeccable -Très bonne culasse sans jeu -Ressorts biens fermes. Excellente détente pour une arme militaire. C’est dus suisse.

Le canon aussi est très beau. Il mérite un nettoyage mais il est très beau avec de très bonnes rayures.

J’ai pas la bretelle mais n’importe quelle bretelle de K11 fera l’affaire. Une attache de bretelle est encore présente. Je la laisse avec. L’arme est admise au TAR.

 

In fine, un bon exemplaire de la carabine K05/11 issue de la carabine 1905 de cavalerie du système 1889. Une arme à rentrer d’urgence en collection car elle se fait de plus en plus rare. Bien plus rare que la K11 « normale ». Cette dernière, c’est 185.000 exemplaires à comparer à nos 7.600 armes issues de la carabine de cavalerie…

Ces armes suisses sont belles, précises, originales. Elles constituent une addition de choix pour tous les amateurs d’armes réglementaires européennes.

 

Arme de catégorie D e) au CSI : CNI ou passeport en cours de validité obligatoire.

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