Vendu !

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Très beau Pistolet Steyr Hahn 1911 /1912 – L’un des tout meilleurs de la 1° Guerre mondiale – Cal 9mm Steyr – Arme chilienne de 1912 – Entièrement mono matricule jusqu’au talon de magasin inclus – Arme d’aristocrates austro-hongrois qui fleure bon la magie de Europe de l’Est – TBE ++!

Revolvers et pistolets de catégorie B

Très beau Pistolet Steyr « Hahn » 1911 /1912 – L’un des tout meilleurs de la 1° Guerre mondiale – Calibre 9mm Steyr – Arme chilienne de la commande de 1912 livrée à l’été 1914 – Pièce entièrement mono matricule jusqu’au talon de magasin inclus – Arme techniquement remarquable et d’un usinage / ajustage hors pair – Bronzage d’origine à quasiment 100% – Belles plaquettes de fabrication Steyr d’origine aussi – Mécanique en parfait état – Canon plus que très beau – Arme d’aristocrates austro-hongrois qui fleure bon la magie de Europe de l’Est – TBE ++!

Vendu !

SKU: 1269-26
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Description

Maître Flingus a toujours eu une affection sentimentale pour cette arme assez rare et souvent inconnue chez nous.

Elle a pour lui un parfum très est-européen. Cela tient sans doute à sa mécanique très usinée de partout, très “Europe centrale 1900”.

Une arme qui raconte le génie technique de ses habitants, l’histoire tourmentée et même un peu la folie de ces pays, mélanges de finesse brillante, de sentimentalité à fleur de peau, de rudesse des comportements, de paysages et monuments magnifiques, de femmes somptueuses, de langues compliquées et passionnantes. Et de drames insignes aussi…

Des pays d’hommes où la faiblesse même momentanée a toujours été assez peu rémunérée mais où il fait bon vivre parce qu’on y vit souvent deux jours par 24 heures. J’y ai passé quelques uns des meilleurs et des pires moments de ma modeste existence. Et je ne rendrai rien aux chiens. Ça valait le coup.

Ce Steyr 1912 est en outre d’une esthétique rare que j’adore.

Alors, on va se perdre un petit moment le long du Danube. Après tout, il ne traverse que dix pays…

Arme fondamentalement austro hongroise d’un Empire déchu, colossal par son importance historique et que tout le monde fait semblant d’avoir oublié alors qu’il est encore partout quand on visite ces pays, le « Steyr Hahn » 1911 ou Steyr 1912 a été conçu par Karel Krnka (1858–1926).

Prononcez « Krènka » SVP sinon ça va pas le faire. Il vous manquera toujours au moins une voyelle. 

Si vous aimez l’Histoire des armes, son nom, pas facile à retenir pour nous, vous dira peut-être quelques chose quand même.

Le père de Karel n’est autre que Sylvestr Krnka, un armurier-inventeur lui aussi. Papa Krnka est notamment célèbre comme concepteur d’un ingénieux système de transformation de fusils réglementaires à chargement par la bouche en fusils à chargement par la culasse pour la Russie impériale.

Plus de 931 000 fusils réglementaires russes Krnka modèle 1869 seront transformés ou fabriqués de zéro selon le système de Papa Krnka. Ils serviront les armées du Tsar jusque quasiment la première guerre mondiale. Je vous en ai parlé en détail ici.

L’arme fut exporté au Montenegro, en Bulgarie, en Roumanie, en Suéde et en Norvège. Papa Krnka y fut décoré par les souverains locaux pour sa contribution à leur défense nationale. Pas tout à fait rien

L’arme a feu est donc une affaire de famille chez les Krnka. Et la pomme ne tomba pas très loin du pommier.

A lui seul, Karel Krnka est un symbole de la Mittel-Europa qui n’existe plus.

Ethniquement tchèque, souvent de fameux armuriers jusqu’à nos jours, il est néanmoins né en Roumanie presque au bout du Danube et de l’Empire. Dans un bled qui s’appelle aujourd’hui Oradéa et qui s’appelait alors Nagyvárad (en 1868) parce que là-bas, depuis 1000 ans, tout change tout le temps en fonction de qui est le maître et de jusqu’où sont allés les canons.

Krnka n’a pas le profil d’un paisible ingénieur de bureau. C’est plutôt un entrepreneur et un aventurier. Il a tenté beaucoup de choses dans sa vie: armes, machines à écrire, fabrication d’allumettes, commerce de porte-cigares, cirage, cire à cacheter… Un touche à tout, au caractère difficile et qui a connu pas mal d’échecs. Plus aventurier que son père dira-t-on. Il me rappelle quelqu’un.

Après des études techniques et avoir un peu appris avec Papa, il fait son service militaire au 36° de Ligne, puis se forme largement en autodidacte par passion pour l’armement. Pour acquérir d’autres pratiques, il travaille notamment sur la fabrication de munitions pour l’armée monténégrine. 

Comme beaucoup en Europe Centrale, il immigrera aussi un temps en Grande Bretagne. D’abord, pour bosser à Birmingham un des temples de l’armement européen à l’époque. Il y a travaillé, notamment dans la filiale de Gatling (les fameuses mitrailleuses rotatives des Western spaghetti), sur des projets de pistolets semi-automatique et aussi sur une possible modernisation du complexe fusil Werndl–Holub dont je vous ai vaguement parlé ici. 

Car l’objet de désir à la mode en cette toute fin de XIX°, auquel ils rêvent tous ces inventeurs, c’est le pistolet semi-automatique dont on pressent qu’un jour il équipera des armées entières.

En 1895 Krnka avait déjà breveté un pistolet semi-automatique avec deux caractéristiques qui réapparaitront plus tard sur ses armes les plus célèbres: un système à recul long original et un magasin non détachable dans la poignée, chargé par lame-chargeur.

Mais la rencontre essentielle se passe à son retour de Grande Bretagne quand il décide de s’installer en Autriche dans la capitale de l’Empire. Il va y rencontrer Georg Roth.

Roth est un riche industriel viennois de la munition. En 1898, Krnka entre chez Roth, ce qui lui donne enfin un environnement capable de financer et de développer ses idées de pistolets semi-automatiques. 

De cette collaboration naîtra d’abord le Pistolet Roth-Sauer, un pistolet rare, de brevet Roth et de production Sauer & Sohn en Allemagne. Si l’arme porte le nom de l’industriel qui le commercialise c’est Krnka qui en est le concepteur. Peut-être 3.000 pièces seulement. On le voit passer de temps à autre en Allemagne surtout.

Son mécanisme de percussion préfigure certains principes qu’on retrouvera beaucoup plus tard dans des pistolets modernes à percuteur semi-armé notamment votre Glock 17 de tous les jours. Premier héritage de Krnka.

Et il a surtout une gueule qui en annonce une autre.

Car, en 1907, c’est le vrai succès avec le Roth-Steyr M1907.

Ce 1907 est avant tout un prototype très amélioré du Roth-Sauer de Krnka/Roth. Ils ont d’ailleurs des silhouette très proches. Ce prototype est soumis aux essais militaires austro-hongrois de 1905/1906. Il doit faire face à des concurrents de première bourre comme Luger et Mauser. Et c’est lui qui l’emporte.

Il est adopté en 1907 sous le nom de « 8 mm Repetier-Pistole M.7. » plus connu chez nous comme le Roth-Steyr M1907

Grâce à Krnka, l’Autriche-Hongrie devient ainsi l’une des premières grandes puissances à se doter d’un pistolet semi-automatique réglementaire pour ses forces terrestres.

En effet, le pistolet Roth Steyr 1907 sera le pistolet règlementaire de la très traditionaliste et très multi-culturelle cavalerie austro-hongroise durant la Grande Guerre.

Comme souvent en cette fin d’Empire, la production du Roth Steyr sera divisée entre la germanique Österreichische Waffenfabriksgesellschaft — OEWG — de Steyr (d’où son nom), et la FEG hongroise de Budapest. On en trouve donc de ces deux productions.

Arme réservée à la Cavalerie, environ 99 000 armes environ (et seulement) seront fabriquées entre 1908 à 1914 auxquelles s’ajoutèrent plusieurs centaines d’armes vendues sur le marché civil. C’est aujourd’hui une pièce rare et recherchée.

Car l’arme est novatrice.

L’intérieur de la culasse comporte des rainures de came, dans lesquelles viennent s’engager des tenons situés sur le canon. Lorsque le pistolet tire, le canon et la culasse reculent ensemble à l’intérieur du boîtier qui est creux. Pendant ce mouvement, les rainures hélicoïdales situées en bouche de canon font tourner le canon de 90 degrés dans le sens horaire. Le canon est ensuite retenu, tandis que la culasse, désormais déverrouillée, continue tranquillement sa course vers l’arrière et arme le percuteur. Puis l’ensemble repart tranquillement vers l’avant pour finir le boulot. Bang !

C’est une arme double action uniquement dont la détente est volontairement conçue pour être ultra dure afin d’éviter ainsi tout départ intempestif lors des cavalcades! La confiance dans les armes semi-auto à l’époque était encore toute relative.

Le pistolet Roth-Steyr M1907 est donc un des rares pistolets militaires à canon rotatif. Les avantages en terme de stabilité, de verrouillage et souvent de qualité de tir sont évidents. Ils sont aussi très solides. Mais c’est plus compliqué à produire.Et la cinématique de mouvement a l’air moins simple même si en réalité elle demande souvent moins de pièces.

Du Steyr 1911, en passant par le Frommer Stop ou le CZ vz.24, et jusqu’à notre Mab 15 F1 national si précis, la culasse rotative hantera longtemps les commissions militaires partout dans le monde. Mais très peu d’armée franchiront le cap.

Le Roth-Steyr M1907 connaitra tous les fronts de l’Adriatique à la Russie. Après la dissolution de l’Autriche-Hongrie, le Roth-Steyr 1907 sera encore utilisé par la Yougoslavie.

Il connaitra également un usage limité pendant la Seconde Guerre mondiale parmi les Autrichiens et les Hongrois. L’Italie en recevra un certain nombre (30.000?) au titre des réparations de la Première Guerre mondiale versées par l’Autriche. Ces armes furent utilisées par les troupes italiennes pendant la Seconde Guerre mondiale. Et encore un peu plus perdues…

Ce Roth-Steyr M1907 est le père on ne peut plus direct direct de notre Steyr « Hahn » 1911/1912 ce ce jour.

Pourquoi « Hahn » déjà sur sa dénomination la plus courante mais non officielle ?

En allemand, « hahn », c’est un coq. Mais c’est aussi sur une arme ce que nous nous appelons nous, le chien. Pour les allemands parce qu’il ressemble à un coq qui pique avec son bec. Pour les anglo-saxons, toujours au ras des pâquerettes, c’est un simple marteau (« hammer »).

Pour nous les français, c’est un chien parce qu’il va et revient comme un clébard (mais c’est moins facile avec mon fidèle Zorro, le très facétieux Schnauzer de la maison). Question de culture sans doute. 

Mais ce chien, c’est surtout la première différence visuelle évidente entre les deux armes. Le chien est externe et bien visible sur le Steyr Hahn 1911/1912 alors qu’il est caché en culasse sur le Roth-Steyr M1907 .

Pourquoi aussi Steyr « 1911/1912 »  et ces hésitations de dénomination, source de confusions parmi les collectionneurs ?

Car en fait l’arme, déjà, ce n’est pas une arme Roth. Elle sera produite par l’Usine de Steyr en Autriche et par des ingénieurs maisons qui vont reprendre le dessin du Roth-Steyr M1907 de Krnka en le simplifiant et en le fiabilisant.

Et cela va vite car l’arme de Krnka a un potentiel de développement très intéressant. Elle est re-dessinée par les ingénieurs Steyr dès 1909, testée et modifiée en 1910, et enfin et d’abord vendue sur le marché civil. En 1911.

C’est pourquoi, à mon sens, il faut désigner les civils comme des » Steyr 1911″ .D’ailleurs ces armes civiles sont marquées « Mod 1911 » en culasse.

Mais, dès 1912, l’Autriche (sous le nom de Repetierpistole M.12) , la Roumanie, et le Chili, l’adoptent réglementairement.

Les Roumains sont marqués « Mod.12 » sous couronne et aussi « Steyr » + année de production, les autrichien « Steyr » + année de production sans année de modèle et les chiliens « Steyr » + année (presque toujours en 1912) et « mod. 1911 ». Ce qui ne simplifie pas les choses vous l’avouerez.

Je trouve que désigner tous les civils « 1911 » et tous les militaire « 1912 » date d’adoption serait plus simple. Mais les dénominations continuent à « voler » largement.

Notre Steyr 1912 est plus simple et plus rationnel que son père, le Roth-Steyr M1907.

Le Steyr M1912 est en quelque sorte le Roth-Steyr 1907 devenu adulte et plus militaire. Le Roth-Steyr M1907 est fascinant, mais bizarre : culasse tubulaire, percuteur interne, ergonomie raide, munition plus modeste, mécanisme et silhouette moins intuitifs et pour tout dire plus « baroque ».

Le Steyr-Hahn 1912 est plus « lisible » : une carcasse, une glissière, un chien externe, une sûreté. Bref, un pistolet qui est dans la ligne de ce que deviendront la plupart des pistolets jusqu’à aujourd’hui hors sa lame chargeur. 

Là est probablement le véritable apport du Steyr 1912 : garder le verrouillage rotatif, mais rendre l’arme plus conventionnelle et plus robuste d’emploi. en faire une véritable arme militaire.

Arme très fiable, modernissime pour l’époque, il conserve néanmoins toute la philosophie de Krnka : une arme automatique sérieuse, robuste, culasse longue, verrouillage rotatif intraitable, lame chargeur. Tout sauf un petit blowback de poche.

Le calibre est le 9mm Steyr, différent du 9 para, un calibre sec, vif, et sérieux. Les cartouches sont produites par Fiocchi et Hornady de temps à autres. Sinon il faut recharger. On trouve les étuis chez Starline. C’est un 9 coups.

Ce qui est magnifique avec cette arme, c’est « l’économie » mécanique. Le Steyr-Hahn n’a que 32 pièces, contre 47 pour le Colt 1911. Plusieurs pièces remplissent plusieurs rôles : le ressort récupérateur sert aussi au rappel de détente, le levier de sûreté sert aussi au blocage de culasse, le bouton latéral peut participer au déchargement du magasin, etc. U

Une arme d’une ergonomie très élégante. Et ça c’est Krnka. Vive les génies slaves !

Bien plus rare encore, il en existe une version automatique « rafaleuse », le Steyr M12 P16. Créée pour les tyroliens du Colonel Fuchs, l’arme ne peut tirer que deux brèves rafales avec ses 18 munitions et ses 800 coups/minute.

Les exemplaires connus ont été distribués exclusivement sur le front italien, aux régiments tyroliens combattant dans les Alpes.Peut-être 900 exemplaires. D’autres parlent de 8.000 exemplaires tous détruits par la Commission Interalliée de désarment après 1918. C’est possible. Rarissime en tous cas.

Une version sur affut avec deux pistolets automatiques en tandem semble avoir aussi été essayée par les aviateurs de l’Empire vers 1916. Je vous ai mis une photo d’un schéma pour que vous puissiez visualiser le truc.

Le Steyr 1912 a aussi eu une grande histoire militaire.

A peine produits pour les autrichiens entre 1912 et 1914, la guerre accélère les choses. On ne saura jamais combien il en a été produits précisément au total entre 1912 et 1918. Mais les diverses sources parlent de 250. 000 à 300.000 au maximum. Ce qui est peu dans l’absolu et explique sa rareté relative.

Le Steyr 1912 a connu son baptême du feu aux mains des officiers austro-hongrois et roumains qui l’utilisèrent durant les guerres balkaniques. L’arme a ensuite fait toutes les batailles du Front de l’Est et du front italien durant la grande Guerre. Fiable, très robuste, d’un fonctionnement mécanique simple sur son principe, il se fera très bien à la boue des tranchées et y gagnera une excellente réputation.

Pendant la Guerre il sera aussi livré à hauteur de 10.000 exemplaires à l’Armée bavaroise et, dans une quantité inconnue, aux bulgares (on le sait par les numéros de série).

C’est aussi le pistolet fétiche des redoutables « sturmpruppen » (troupes d’assaut) austro-hongroises, le compagnon fidèle de leur fantastiques casse-têtes de tranchées aux cotés de pelles bien aiguisées…

Les traités de Saint-Germain et du Trianon qui mirent fin à l’Empire austro-hongrois n’empéchèrent pas l’arme de poursuivre son service durant l’après guerre en Autriche, en Hongrie, en Yougoslavie, en Tchéco-Slovaquie et en Italie où, entre les armes capturée et ceux remis au titre des réparation comme le Roth-Steyr 1907, il fut assez courant.

Il repris illico du service avec la seconde guerre mondiale aux mains des allemands et des Italiens notamment.

Après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne en 1938, la police allemande fit en effet convertir 60 000 pistolets Steyr 1912 au calibre 9 mm Parabellum pour des raisons de cohérence de munitions. Elles servirent dans la lutte anti partisan à l’Est.

Les pistolets utilisés par la police allemande se reconnaissaient à l’emblème à l’aigle au-dessus de la détente et, surtout, au marquage “08” frappé sur le côté gauche de la glissière. Ce marquage indiquait que l’arme était chambrée pour la munition allemande de type 1908, autrement dit le 9 mm Parabellum.

Une vraie carrière quoi. Et une arme d’un charme esthétique et technique fou.

Sur les trois pistolets semi automatiques de production austro-hongroise de la Grande Guerre, le FEG Frommer STOP, le Rohr Steyr 1907 et notre Steyr 1912, deux sortent donc du fertile cerveau de Karel Krnka.

Ce PA est sans doute le meilleur (en tous cas sûrement le plus original et novateur) de tous les PA de la Grande Ordalie aux cotés du Colt 1911 et du Luger. De mon humble point de vue, il est supérieur au C96 de Mauser.

Et son héritage technique dans les armes de poing, des détentes modernes à tout ce qui aura un jour un canon rotatif, n’a pas fini de hanter l’histoire des armes individuelles de combat.

Karel Krnka est mort à Prague en 1926.

Dans un nouveau et petit pays, lui qui était l’enfant d’un grand Empire dont la splendeur raisonne encore aujourd’hui. Il a bien essayé après la première guerre mondiale de faire adopter par son nouveau pays de nouveaux projets d’armes. Mais cela n’a pas marché. Il était de trop « l’ancien monde » impérial qu’il fallait vite oublier pour bâtir de nouvelles nations avec des vieux peuples. Quelles que soient ses bonnes idées à lui. Son temps était définitivement parti avec la Grande Histoire et un vieil Empereur.

Et pourtant Karel Krnka n’a donc pas démérité. Au contraire. S’il ne fut pas un grand concepteur industriel à la Browning, ni un patron mythique à la Paul Mauser, il a probablement laissé une empreinte technique décisive dans l’Histoire des armes avec son Steyr-Hahn M1912. C’est une bonne raison de se souvenir de lui. Les armes suivent les hommes depuis toujours et les hommes d’armes ne meurent jamais vraiment.

 

Notre exemplaire de ce jour est un splendide exemplaire de Steyr 1912 de fabrication d’avant guerre. C’est l’un des 5.000 livrés à l’armée chilienne entre 1912 et 1914. 

Il est très sale mais il est en quasi parfait état et c’est comme cela qu’il faut les prendre. De part son numéro de série je pense que c’est un de ceux livrés avec le dernier lot en lettre « C » en 1914. Les tous derniers livrés juste avant août 1914 sont en lettre « D ».

Le bronzage est d’origine et bien présent à 97% – juste un poil de manque en arrêtes et en avant de poignée – Le reste c’est l’éclairage toujours trompeur. Mais c’est hyper léger. Quasiment pas de rayures et aucune peu d’orange nulle part.

Il faudra juste le démonter, le nettoyer et passer une heure d’huile de coude au WD 40 et à la paille 000. Mes GIGANTESQUES gros plans accentuent le moindre défaut microscopique comme d’habitude. Mais la pièce est juste parfaite. Il suffit de regarder les photos d’ensemble pour s’en convaincre. TBE++

Tous les marquages et poinçons sont bien nets et bien lisibles – autre signe immanquable de la fraicheur de l’arme. Arme ré éprouvée à Ulm il y a une bonne quarantaine d’années (Marquage « ID »).

Les plaquettes sont celles d’origine de fabrication Steyr. Elles sont aussi quasi parfaites, sans coups majeur ni éclats ou fentes. Très peu manipulées aussi. TBE+

Mécaniquement l’arme est en excellent état aussi – ressorts bien fermes y compris en magasin, culasse fluide, percussion nette, retour de culasse comme à 20 ans. prévoir juste un nettoyage graissage. Intérieur sans oxydation aussi. TBE++ mécanique donc.

Le canon est splendide et même miroir avec de très belles rayures. On les voit rarement dans un tel état de fraicheur. TBE++

Accessoirement le Steyr 1912 est une prouesse d’usinage comme on en fait plus… Rien que le voir est un bonheur. Autant que sa cinématique au tir.

 

In fine une arme emblématique du génie armurier européen du début du XX° siècle, une arme techniquement superbe qui a marqué l’histoire militaire de la Grande Guerre et celle des hommes, et d’une esthétique qui laisse songeur. C’est aussi et surtout une pièce réglementaire rare et en excellent état pour un amateur éclairée des armes militaires du XX+ siècle

 

 

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