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Beau sabre d’abordage modèle 1833 – Manufacture Impériale de Châtellerault novembre 1853 – lame gravée à l’ancre des deux côtés – belle pointe et zéro accroc sur le fil – coquille avec la majeure partie de sa peinture d’origine – fourreau en cuir poinçonné en garniture – TBE

Sabres / Glaives / Epées - Swords

Très beau sabre d’abordage modèle 1833 – fabrication Manufacture Impériale de Châtellerault en novembre 1853 –  un an après la proclamation de l’Empire –  juste à temps pour la Crimée et les aventures impériales du Mexique au Tonkin – très bons marquages – lame gravée de son ancre des deux côtés de lame– belle pointe et zéro accroc sur le fil – coquille avec encore la majeure partie de sa peinture d’origine – beau rivet bien massif, intouché – fourreau en cuir avec garnitures en laiton poinçonnées – n’attend plus que l’ordre d’abordage du commandant pour être dégainé ! – TBE

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Description

La rivalité franco-britannique ne date pas d’hier et encore moins d’il y a six mois sur un terrain de Rugby…

Depuis sa victoire sur l’Invincible Armada espagnole en 1588, la Navy portait une bien belle fleur à la boutonnière. Sa présence sur toutes les mers du globe était facilitée par le fait que les îles britanniques peuvent être défendues par une seule flotte venant sans peine porter secours à ses bâtiments pris à partis où qu’ils soient.

Or notre Royale, sa grande rivale de toujours, a réalisé un exploit que l’on a tendance à faire passer de nos jours pour une éprouvante succession de défaites. Que nenni vous répondront d’une même voix Hervé Drevillon et Maître Flingus !

Un peu de contexte d’abord, voulez vous.

Pour avoir une marine à la fin du XVIIIe siècle, il faut une façade océanique et de grandes forets. La France ne manque ni de l’une ni des autres. Et c’est bien là que se trouve son talon d’Achille. Avec la Manche, l’Atlantique et la Méditerranée à contrôler, il était impératif de disposer non pas d’un seul mais de cinq ports militaires majeurs : Brest, Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon…

Les efforts en sont divisés de même que les administrations en sont multipliées.

Du point de vue de la fourniture de bois, les efforts considérables initiés par Colbert (après Richelieu qui planta des chênes plus de cent années avant dans cette même perspective – merveille de la continuité monarchique de l’État!), alors secrétaire de la marine à partir des années 1670, permettent de posséder des chênes de première qualité dont la courbure donnée lors de leur pousse sera savamment étudiée pour s’adapter à leur destination finale.

Si le gland ne devient pas arbre en un jour (il y en a même pas mal autour de moi qui n’ont aucune chance de devenir un chêne majestueux un jour), il en est de même pour les chablis qui ne se transforment pas en belles planches exploitables toutes seules. Que de savoir-faire dans la construction de ces vaisseaux de la coupe initiale à la dernière cheville !

Malgré tout le savoir faire acquis avec les siècles, les mêmes problèmes se poseront d’ailleurs encore en 1914 pour les crosses des Mausers allemands ou pour celles des Browning auto 5 des années 1960 séchées aux sels…

Le plus grand exploit maritime de tous les temps est donc bien que la marine royale puis française ait pu en entre 1762 et 1810 se reconstruire quatre fois pour notamment former le cœur de celle qui défendra victorieusement les jeunes colonies américaines. Victoire-revanche de la Guerre de  7 ans  dont les conséquences géopolitiques ne sont pas encore éteintes.

Se relever à chaque fois après Pondichéry, Aboukir ou Trafalgar, ce n’est pas donné à toutes les nations. L’Espagne ou la Hollande en savent quelque chose. La France l’a fait. Et elle dépasse même technologiquement la flotte anglaise au moment du Second Empire, alignant de nombreux bâtiments flambants neuf à coque d’acier et fonctionnant à la vapeur tant sur mer ainsi qu’en dessous !

Si le sort d’un navire se règle de préférence à distance, il arrive que les intempéries ou la témérité fasse que les adversaires soient assez proches pour que des combattants puissent passer de l’un à l’autre. Ce risque, connu depuis l’Antiquité, nécessitait une tactique et un armement spécifique qui arrivait à un très haut niveau de raffinement à la fin du XVIIIe siècle.

Tout d’abord en plus des fusiliers et des artilleurs embarqués,  l’équipage de tout vaisseau, d’autant plus s’il est militaire, doit savoir prendre les armes que le commissaire de bord ne délivre des coffres qu’une fois l’ordre du commandant donné.

Les hunes sont autant de points stratégiques dans lesquels les meilleurs tireurs sont chargés d’éliminer les officiers adverses au moyen de lourds fusils proches des modèles de remparts. Plus d’un amiral anglais en fît les frais…

Les hommes restés sur le pont se voient dotés d’une arme blanche et d’un pistolet qui devenait rapidement massue. Parmi les lames mises à disposition, piques et esponton sont centraux. Ils permettent de contenir les intrus. C’est ensuite à la hache de bord, qui ne sert pas qu’à couper des bouts d’entrer en jeu. A celles-ci sont également associées des sabres proches des « coutelas » et autres « braquemarts ».

Le système des achats privés par les capitaines, rationalisé une première fois en 1689, résista bien plus longtemps que dans les autres corps de l’Armée, en particulier en matière d’habillement. Cassaignard à Nantes est le principal fournisseur.

 Néanmoins, dès 1786, une ordonnance précise fut établie sur les modèles de lames et d’armes individuelles de combat à feu ainsi que sur le nombre d’exemplaires à posséder sur chaque bâtiment. Ce système fit des émules car le pistolet modèle 1786 est l’ancêtre direct de tous nos pistolets réglementaires terrestres suivants.

Il faudra attendre 1801 pour qu’un modèle de sabre spécifique à ces opérations voit le jour dans notre marine au-delà de la simple ancre gravée sur la lame des modèles antérieurs (et encore pas toujours). Ce modèle An IX, avec sa garde très enveloppante en fer et sa lame à la Montmorency, propose une version améliorée des sabres à double disques britanniques (armes dont la garde est constituée d’une feuille de fer noirci, découpée en forme de double disque, d’où le nom de “double disc cutlass”) et connus depuis les années 1730.

Le principal fabriquant de ces armes britanniques était Thomas Hollier qui fournissait autant la Navy que la marchande. La version britannique, très rustique et à lame droite, ne sera adoptée officiellement qu’en 1804 et ne tiendra qu’assez peu compte des améliorations déjà proposées par le modèle français pourtant excellent.

Ce sabre An IX “d’abordage”, comme l’ensemble de ce système, connaitra ses heures de gloire et démontrera son efficacité. Il sera très apprécié au point de n’être que très peu modifié en 1833, simplifiant sa production. Notre 1833 de ce jour est donc le fils direct du sabre d’abordage AnIX.

Les armes aux gardes massives en fer, couvrant l’intégrité de la main de leur propriétaire ne sont pas rares. De la pata indienne aux broadswords anglais, schiavones vénitiennes et autres claymore écossaises en tête, le XVIIe siècle est généreux en armes à montures complexes couvrant largement la main. Mais elles restent des armes encombrantes à lame longue. Elles sont coûteuses et réservées principalement à des hommes à cheval, en plus d’avoir pour défaut d’emprisonner la main forte, ce qui limite fortement l’agilité. Caractéristiques rédhibitoires pour une arme destinée à être utilisée en milieu confiné comme les cales d’un vaisseau pour lesquels le corps à corps n’était qu’une option de la dernière chance pour un équipage peu formé à cela. C’est là que réside toute la pertinence des sabres à double disques anglais et de leurs évolutions françaises, nos sabres dit “d’abordage”. Leur simplicité de fabrication leur garantit en plus un prix très bas et l’équilibre entre protection et maniabilité qu’ils offrent permet aux marins de tenir tête à des sabreurs plus habilles.

C’est une arme solide, polyvalente, adaptée au service en mer grâce à ses surfaces extérieures peintes. Elle sera un atout précieux en particuliers lors des débarquements à terre. En effet ce sabre de bord constitue un des meilleurs sabres d’abattis jamais conçu. Il est de toutes les aventures coloniales et on trouve plusieurs récits de son utilisation pendant la guerre franco-chinoise de 1885. A cette période un certain nombre verront même leur coquilles, qui leur conférait le nom de “cuillère à pot”, ratiboisées. 

Un beau sabre, c’est avant tout un bon rivet. On ne peut rêver mieux ici. Il est fort comme un turc.

La garde possède la majeure partie de sa peinture d’origine, qui état noire mat et très épaisse pour protéger des embruns. Très peu d’oxydation, aucun « cratère lunaire ». Tout est dans son jus et intouché. Elle n’a pas été repeinte comme dans 90% des cas. Maître Flingus préfère largement une pièce dont la patine s’explique par son parcours plutôt qu’une restauration “à la barbare” comme disent les jeunes (mon fils me dit à l’instant que “à la barbare” n’est plus employé par les jeunes depuis quelques mois déjà et m’indique qu’il faut désormais parler de restauration “à la schlague”. Merci à lui de votre part à tous pour ces compléments philologiques essentiels à la compréhension de notre temps).

Le quillon porte deux poinçons que je n’ai pas pu identifier à cause du noir mais dont l’un est plus que très probablement par sa forme celui de Bisch contrôleur d’armes à partir de 1844 ainsi que le numéro « 20 ». On les retrouve en talon de lame et là le B de Bisch est clair.

Pas de jeu à signaler entre la monture et la lame, la cravate en cuir très épais est encore bien présente et d’une étonnante fraîcheur.

Le dos de lame porte une superbe gravure (toutes manuelles), bien lisible et nette, « Manufre Impale de Châtellerault, 9bre 1853 ». Comprendre novembre 1853.

Il y a exactement 170 ans, ce sabre était prêt à débarquer en Crimée avec le corps expéditionnaire fin avril 1854. Les troupes de marines furent jusqu’en août les plus nombreuses sur le terrain et elles vont jouer un rôle très important dans les bombardements des forts effectués depuis les navires. Le contrôle de la mer étant crucial. De nombreux affrontements auront lieux entre les marines « alliées » et russe.

Cette arme de bord ne saurait être complète sans sa splendide ancre de marine, gravée sur ses deux faces de sa lame, au centre des gouttières.

La lame est recouverte d’une très légère peau d’orange, n’entamant ni ses angles ni son fil. La pointe est absolument splendide et n’attend que de piquer le derrière des pirates Pavillons Noirs qui oseront passer votre bastingage.

Sa courbure à la Montmorency la rapprocherait de celle d’un briquet de terrien mais avec une flèche plus importante de 2,3cm et une dizaine de centimètres de plus en longueur.

Ce très beau sabre est en plus très bien élevé, car pudique il nous parvient habillé de son fourreau d’origine. Ce n’est pas si courant.

La chape en laiton possède encore sa languette pour porter le sabre sur une bandoulière. Sans usure, elle va de paire avec une bouterolle en très bel état et constitue un ensemble très homogène.  Poinçons également.

Le cuir du fourreau est bien souple et 100% d’époque. La couture a travaillé avec le temps et s’est ouverte sur les dix derniers centimètres. Ps très grave même en présentation. Un peu de crème neutre puis de cirage et il aura retrouvé une seconde jeunesse. C’est une base très saine, idéale pour une collection des plus exigeantes.

L’alliance de toutes ses qualités fait de ce sabre un témoin précieux des dernières heures de la marine à voile en plus d’une arme impressionnante. Vos enfants et petits-enfants ne manqueront pas de le qualifier de “sabre de pirates” !

Symbole de l’aventure et l’audace des plus grands capitaines corsaires et des batailles navales qui ont fait l’Histoire, le sabre d’abordage est l’une des armes les plus efficaces et redoutables jamais conçues. Ce sabre a servi la France et contribué à faire d’elle une des grandes puissances maritimes de ce monde.

Arme non classée au CSI mais interdite de vente aux mineurs : CNI obligatoire

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